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IDÉES - RÉFLEXIONS


LE CAMP DES SAINTS

Courant juin 2004, Le Figaro posait la question " Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? " (curieusement sans " F " majuscule), et demandait à une trentaine d’intellectuels de plancher sur le sujet. 

Ce type de question paraît déjà suspect : se demander ce qu’est être Français aujourd’hui, c’est déjà douter qu’on le soit ou qu’on puisse l’être ou l’avoir été. Et quand on en est réduit à se poser la question, cela veut dire que notre conscience nationale identitaire est déjà passablement atteinte en profondeur. 

Les réponses des auteurs furent publiées dans le quotidien jour après jour, nous offrant les banalités les plus désespérantes de platitude sur le sujet, telles qu’on peut les attendre sans surprise d’esprits conformistes, soumis à l’idéologie dominante. On peut se demander, à la lecture de certaines contributions, ce que font encore leurs auteurs en France, tellement ils doutent de ce qu’ils sont, ou ont de leur identité une vue tellement diffuse, confuse, qu’ils doivent se sentir réellement mal à l’aise dans ce pays censé être " leur " pays ; être Français de souche, puis être amené à le revendiquer hautement et fièrement, doit être pour eux une souffrance, un supplice moral insupportable. 

Parmi celles-ci, néanmoins, une se dégageait nettement du lot : elle était signée Jean Raspail. Jean Raspail est un écrivain authentique, — je veux dire un écrivain de l’authenticité, doublé d’un homme qui porte sa patrie en bandoulière et ne la cache pas dans sa mauvaise conscience. Pour les patriotes que nous sommes, sa réponse nous a été droit au cœur : elle aurait pu être rédigée par n’importe lequel d’entre nous, tellement nous nous reconnaissons dans ses propos, tellement nous sommes en communion d’esprit avec lui. Mais Jean Raspail n’est pas n’importe qui. Grand romancier, il est l’auteur d’un best-seller publié dans les années 70 : Le Camp des saints. Une évocation allégorique et cauchemardesque de l’invasion de l’Europe par les hordes affamées venues du Tiers-monde. A vous glacer le sang. Le livre a connu plus d’une dizaine d’éditions. Il n’est pas sûr que l’auteur trouverait aujourd’hui un éditeur pour le publier. Il n’y a pourtant qu’une trentaine d’années qu’il a paru. Quel sens prémonitoire ! N’hésitez pas à vous le procurer, mais attention : Jean Raspail est un pessimiste ; il faut faire un effort pour soutenir la lecture jusqu’au bout…

Pour en revenir à l’article en question, nous avions l’intention de le mettre en ligne. Mais voilà, nous sommes dans la France de 2005… Plus dans la France de 1970. Sitôt son article paru (pourtant très prudent), l’auteur et le Fig ont été attaqués par la Licra et traînés devant les tribunaux, ainsi que Rivarol qui en avait fait un compte rendu élogieux. Soyez rassurés : Jean Raspail est ressorti libre du tribunal, tête haute et mains propres.

Sommes-nous vraiment conscients de l’état de décrépitude mentale et morale dans laquelle est tombé notre pauvre pays de France ?

Coïncidence — et signe des temps (ce n’est pas le seul si l’on se souvient du navire turque accostant sur la côte méditerranéenne avec 900 migrants à bord) —, le jugement a été rendu quasiment la veille que les banlieues françaises explosent et soient livrées aux exactions des " filles et fils de la République ", les fils, en l’occurrence, pour reprendre l’expression du chef de l’antifrance, le traître Chirac...

Merci, M. Raspail. Merci de nous offrir votre vision lucide de la réalité du monde ; une vision prophétique qui appelle à la réflexion, incite à ouvrir les yeux, mais aussi à se battre pour rester ce que l’on est chez soi, dans son pays, et ne pas se laisser imposer ce que l’on ne veut pas être par des traîtres bien de chez nous, des gens qui son prêts à trahir leurs propres compatriotes par simple haine de soi ou par peur de ne pas paraître ce que leur impose l’idéologie dominante... 


" Qu’est-ce qu’être français aujourd’hui ? "

LA PATRIE TRAHIE PAR LA RÉPUBLIQUE

 

J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant le Camp des saints, j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que les carottes sont cuites.

Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’ " ils sont chez eux chez moi " (Mitterrand), au sein d’une " Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes " (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les " Français de souche " se compter seulement à moitié – la plus âgée – de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toute provenance issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer (1).

La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort. Les avertissements ne manquent pas – rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment –, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des " gouvernances " et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme…

Sans compter que les " Français de souche ", matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de " l’accueil à l’Autre ", du partage cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal de lois dites " antiracistes ", conditionnés dès la petite enfance au " métissage " culturel et comportemental, aux impératifs de la " France plurielle " et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les frais et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule " citoyen " du Français de 2050. Ne désespérons tout de même pas. Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaines de millions de Français – et pas nécessairement tous de race blanche – qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmise de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

Face aux différentes " communautés " qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt de son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à " l’autre ", à présent et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte – je cherche un terme approprié – d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoires, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?

Ensuite, la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé.

Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l’espagnole mais n’inspirant pas les mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr…

Ce que je n’arrive pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’État (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces " intelligents " qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.

Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les valeurs républicaines se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand " I ", l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde.

Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossier à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : " Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République… "

Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux pour conclure : " Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’être humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie. " (Président Boumediene, mars 1974.)

Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : " Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée. "

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1. Le délicat imam de Vénissieux, en vertu du jus soli (droit du sol), a engendré à lui seul seize petits citoyens " français ".

 

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